C’est avec délectation que Lucie annonça à Sandrine qu’elle en avait encore attrapé un. Son grand plaisir, c’était de draguer discrètement un homme, de préférence timide, et de l’attirer dans ses filets.
Dans son lit corrigeait, amère et avec un peu de jalousie, sa meilleure copine, son amie indéfectible.Lucie aimait les hommes. Avec démesure. Ils fallait qu’ils soient beaux bien sur, mais surtout pas des dragueurs professionnels ou amateurs. Elle n’était pas une proie. Tout ces Don Juan arrogants la faisait fuir.
Même si elle était sensible à leurs intérêts.
Mais elle entendait rester maître de la situation.
C’est elle que dirigeait.
C’était son tableau de chasse.
Thomas lui plaisait beaucoup. Grand, mince, une élégance discrète. Profondément attaché à ses enfants, à sa femme ???
Là il y avait un problème.
Il était marié.
Mais après tout, il n’avait qu’à ne pas répondre à ses avances.Lucie s’en inquiéta auprès de Sandrine.
« Tu le mène au divorce », fut le commentaire qui fusa.
Elle protesta, argumenta : « il n’est pas obliger de venir à moi. Je ne le force pas. Il est libre. De toute façon, je ne serai jamais celle qui vient en deuxième. »Sandrine ne dit rien. Regardant son amie. Elle ne changerait pas de si tôt. Son divorce et la garde alternée des enfants l’avait profondément marqué.Face à son silence, Lucie ressentit comme un malaise. Elle ne lui dit pas qu’ils s’était déjà retrouvés chez elle. Un midi. Cela avait été trop rapide. Mais que s’avait été bon.
« Je ne vais pas le voir pendant plusieurs jours. Il est en déplacement, puis il prend une semaine de vacances, seul chez sa mère. »Sandrine ne parlait toujours pas. Elle se leva, et, sans un mot, pris Lucie dans ses bras.« Fait ce que tu veux, mais garde en mémoire qu’aucun homme ne peux te résister. »Seule face à elle même, Lucie repensait aux commentaires de son amie. Elle avait raison. Mais elle était trop attirée par Thomas. Et puis si les choses tournaient mal, il lui suffisait de rompre. Après tout elle n’était pas responsable des actes de Thomas. Il était adulte. Il n’avait qu’à prendre ses responsabilités.Ce fut Thomas qui repris contact.
Il lui dit combien elle lui avait manquée. Qu’il ne pouvait plus se passer d’elle.
Il sentait sa présence.
Le matin au réveil, tout au long de la journée, le soir à table, en se couchant, dans ses rêves elle ne cessait d’être présente.
Il lui dit la difficulté des soirées familiales.
Son refus de faire l’amour à sa femme.
Leur seconde rencontre fut émouvante, pleine de tendresse. De caresses, de mots doux, l’émotion de corps se découvrant, ne faisant plus qu’un.
L’impossibilité de se rhabiller. De retourner au travail.Un fragment de nuit, plus tard, scella l’irrémédiable.
Lucie ne pouvait plus se libérer de Thomas.
Thomas était profondément amoureux de Lucie.