Sidonie était assise à sa fenêtre et regardait au dehors, quand soudain elle vit passer… un chat.Un chat. La queue et les oreilles droites, la démarche altière et souple. En un mot souverain.
Tient, ce dit elle, celui là je ne le connais pas.
Elle le détailla: le poil ras, le museau fin et pointu. Le pelage couleur cendre avec des reflets. Le bout de la queue légèrement pliée, comme une petite cassure.A qui pouvez-t-il bien être ?Comme si un chat pouvait appartenir à quelqu’un.
Non, un chat choisissait sa maison. Et si elle lui allait, il adoptait les proprios et leurs laissait croire qu’ils étaient ses maîtres.Donc d’où venait-il ?De chez la mère Pignard ?
Pas possible. Elle méritait bien son nom. Toujours entrain de râler après quelqu’un ou quelque chose.
Le père Magloire non plus.
Il consommait sa production de pommes sous forme liquide et sentait le vieux chien mouillé.
Pas de chez la Clémence.
Méchante comme une teigne. Elle avait beau être la bonne du curé, elle l’aurait noyé dans l’eau bénite.
L’instituteur ?
Trop occupé à sauter tout ce qui porte jupon. Le chat aurait risqué de se retrouver clouer sur la porte de l’école par un courageux, mais non téméraire mari cocufié.
Le maire avait un tête à coller une fausse couche à une colonie de rat.
Le boulanger était équipé.Sidonie, intrigué, entreprit un recensement en s’aidant de ses doigts.
La Mariette, le Toine, l’Emile et sa Toinette, ppfffeu, 6 enfants et encore en cloque.
L’épicier arabe, au début il y avait eu un début de pétition pour le faire chasser. Maintenant celui qui demanderait son départ risque un coup de fusil.
Les chats ne semblaient pas l’aimer.
Interloqué, Sidonie remarqua que les lapins qu’il vendait n’avait jamais de tête !!!
Non elle divaguait.
De toute manière elle n’aimait pas le lapin.Elle commençait à être à cours de candidat.Un mouvement furtif, attira son attention.
Le chat pénétra tranquillement par l’entrebâillement de la fenêtre de la cuisine.
Fit une visite minutieuse de la maison.
S’approchant de Sidonie, il sauta en souplesse sur ses genoux et s’y lova en ronronnant.Sidonie soupira avec un grand sourire. Elle venait de découvrir avec certitude à qui appartenait le chat.