« -Dis M’sieur, dessine moi un mouton. »
Je n’en cru pas mes oreilles.
Un garçonnet d’une dizaine d’année me tirait par la manche.
« -Dis M’sieur, dessine moi un mouton. »
Je n’avais pas rêvé.
« -Pourquoi tu me demande ça ?
-Je n’en ai jamais vu, et mon copain Ali m’a dit que je serais toujours un idiot si je ne sais pas à quoi ça ressemble.
-Mais je ne sais pas dessiner moi. »Buté, il me mit dans les mains un morceau de papier et un crayon.« Et M’sieur, pourquoi tu me regarde comme ça ? »Je regardais autour de moi. Nous étions seul au milieux du désert.
« Tu es seul ? Où sont tes parents ? »Il ne répondit pas.«-C’est drôle, j’ai connu quelqu’un, un pilote en panne, à qui il est arrivé la même histoire. »L’enfant me regarda, puis soudain, un sourire illumina son visage.
«-Il faisait le Paris Dakar ?
-Heu non. C’était un pilote d’avion. »Devant son incompréhension, je renonçais.
Je dessinais une boite rectangulaire avec quelques trous.
Et je lançai : «-ça c’est la caisse, le mouton que tu veux est dedans »Il me pris le dessin avec un grand sourire et parti en courant.Je le regardais disparaître au détour d’une dune.Je restais hébété, immobile, troublé par cette réminiscenceJe fermais les yeux, cherchant mon équilibre.
Quand je les rouvrit, le sable avait disparu.
A la place se dressait l’hôpital.
Vaisseau moderne d’acier et de verre.
Montrant déjà sa décrépitude.
Ma mère y avait disparue.
Ma fille y a donné la vie.
Je me retournais lentement, fébrile.
Face à moi, le restaurant communautaire me regardait.
Sur le fronton, en grosse lettres bâtons, son nom :!!Le Petit Prince