Après une nuit au mouillage, appareillage au petit matin. Les estivants dorment encore.
La mer est à nous seul pour quelques heures.
La bise matinale nous pousse avec gentillesse.
Rien à voir avec ce coup de mistral qui nous avait bousculé l’année dernière.Caché au fin fond d’une crique, il nous avait quand même trouvé. Des rafales à 40 nœuds soulevant des gerbes d’embruns.
Nuit agitée qui avait vu de nombreux bateaux déraper, des équipages inquiets se battre pour ne pas se retrouver au sec. Des bateaux ivres évitaient, en les rasant, ceux qui tenaient encore bon.La mer, étale, ridée par les risées, nous accompagne dans notre longue course, me laissant tout loisirs de plonger dans mes souvenirs.Eté finissant. Au mouillage sur le plateau continental, quelque part au large de Bordeaux.
Le fond à 130 mètres. Dix-sept maillons à l’écubier. Le temps est au calme. Le supply se repose sur son ancre.
Nous sommes là pour une cinquantaine heures. La manip se déroule seule à quelques nautiques.
Par habitude, une ligne de pèche est mise à l’eau. Ebahit nous découvrons que nous sommes sur un banc de maquereaux.
Ce fut deux jours de folie.
Pèche miraculeuses.
Poissons vidés au sortir de l’eau.
Chacun y alla de sa recette, le cuistot nous laissant libre accès à son domaine.
Au vin blanc, en pâtés, œufs en saumure, à l’huile ou au citron, en grillades
L’excèdent terminant au congél pour une prochaine fois.La crique qui doit nous abritée pour la nuit s’annonce au loin.
Différente de celle qui nous abritât aux îles Hébrides.La tempête cognait fort au large. Il fallut nous cacher et faire le gros dos.
Cela n’aurait servi à rien de s’entêter. Nous ne pouvions travailler dans ces conditions.
Dans une mer moins formée qu’aujourd’hui, nous avions déjà eu beaucoup de mal à récupérer le matériel.
Ces îles du bout du monde, entourée d’eau poissonneuse, servait d’estive à des colonies de Macareux.
La balade à terre fut un enchantement.Nous arrivons.
Ancre à poste.
Chaîne en biture.
Main gantées
Equipage parée.Voiles affalées et ferlées
Face au vent, doucement le bateau cule
« Mouille »Plongée sur le mouillage.
L’ancre a crochée.Taud en place, baignade.La soirée s’annonce joyeuse et la nuit étoilée.Le léger ressac bercera notre sommeil.