Gilles était appuyé au bastingage. Son quart terminé, il s’était dirigé vers l’arrière du bateau.La nuit venait de tomber. La lune en son premier quartier, se reflétait dans la méditerranée pour une fois paisible.Ils venaient d’essuyer une violente tempête. Les vagues de trois mètres de haut étaient monté à l’assaut de la passerelle. Ils avaient passés des jours déments. Les matelots logés à l’avant avaient montés leurs matelas et dormi à même le sol dans les coursives. Le bateau été resté désert trois jours. Seul les personnels de quart osaient sortir de leurs bannettes. Le pacha lui-même ne sortait de sa cabine que pour se lover dans son fauteuil. Des seaux pendaient à la main courante faisant le tour de l’abri navigation. Seul quelques irréductibles passaient en sifflotant dans les coursives. C’était en temps normal des êtres discret et calme qui ne montraient leur pleines mesures que dans des conditions de mer extrême.La sérénité maritime était en harmonie avec ses états d’âme.
Alice l’attendait.Il habitaient le même immeuble. Il l’avait contemplée pendant de long mois avant d’avoir un bon prétexte pour l’aborder. Il avait profité d’un embarquement pour oser la contacter et lui demander de bien vouloir lui ramasser son courrier. Dans la discussion qui avait suivi, il lui avait laissé l’adresse postale du bateau, ainsi que l’adresse mail. Ils avaient discuté par mail au grés de ses possibilités. Leurs échanges épistolaires avaient pris un tour plus intime, moins formaliste.A peine débarqué, il s’était précipité chez elle, prétextant le ramassage de son courrier. En quelques jours leur relations changeât.Il était amoureux fou.Il venait de divorcer et celui-ci, par la faute de son ex-femme se passait mal. Elle refusait qu’il voit sa fille. Il en était profondément meurtri. Alice avait su l’aider, le conseiller. Elle était merveilleuse. Grande, plus que lui, Douce, tendre, aimante. Leurs nuits, en perpétuel renouvellement, étaient un enchantement. Il se sentait de nouveau vivant.« Bonsoir, lieutenant, tout va bien ? »
Il se retourna brusquement, ce n’était que le matelot de quart qui faisait sa tournée de pont.
« Tout va bien, je prend juste un peu l’air »
Le matelot s’éloignât, le laissant à ses pensées.Sa rencontre avait été une immense chance pour lui. Il s’était de nouveau senti un homme.Alice l’aidait de son mieux. Le forçant à réagir, à ce battre pour sa fille.
Sur ses conseils il avait vu l’assistance sociale, ainsi qu’une conseillère juridique. Malgré les entraves et les chausses trappes imaginés par son ex-femme, il allait revoir sa fille, son enfant, sa joie de vivre.
Comment pourrait il jamais remercier Alice pour ce qu’elle avait fait pour lui.
Sans elle il aurait abdiqué. Il s’était senti sombrer, prêt à abandonner.La vie à bord était difficile. Le second et le médecin menaient la vie dure à l’équipage.
Punitions et manque de nourriture épuisaient les hommes.
Le commandant laissait faire.Peu importe, l’amour d’Alice lui permettait de résister.
Certain jour il avait du mal à ne pas déserter, rentrer la retrouver.
Il ne souhaitait qu’un chose, être à ses côtés.Lentement, il regagna sa cabine retrouver dans ses rêves l’ange blond qui occupait toutes ses pensées.