Adèle ne devait pas être une fille commode. Aller la surprendre dans ses pâturages n’était peut-être pas l’idée la meilleure qu’il ait eue ces derniers temps.
Et si elle n’était pas seule ?
Un autre garçon ? Il ne pourrait le supporter.
Pourtant il n’avait aucun droit sur elle.

Ils s’étaient rencontrés au baléti qui avait eu lieu dans ce village perdu.
Il s’était déplacé spécialement pour entendre et danser sur de la musique du passé. L’orchestre, « Lei Juino Troubadours , avait l’entrain de ceux de sa jeunesse.
Il avait enchaîné polka, valse, mazurka et autres branles avec une joie ineffable.
Il avait partagé ce plaisir avec une jeune femme aux cheveux long et la taille souple.
Avec un grand sourire, elle lui avait appris qu’elle était bergère, et que son troupeau sommeillait au sommet du Moure Nègre.

C’est pourquoi il se trouvait sur cette piste abrupte montant à l’assaut des pentes raides du Luberon.

Vers minuit, comme Cendrillon, elle s’était envolée. Ne serait-ce le léger baiser déposé sur sa joue, il aurait pu croire à un rêve.

Il n’avait plus eu aucun goût pour continuer à danser. Retourné dans le gîte, il eu le plus grand mal à s’endormir. La jeune bergère l’ayant enmasquée.
Lassé de se tourner et retourner sur sa couche, il se chaussa et se mit en route.

Maintenant, arrêté au milieux du chemin, la chemise inondée de sueur et le soleil lui martelant le crâne, il doutait.

Un choc contre sa hanche le ranima. Une grande chèvre avec de longues cornes spiralées le bousculait pour atteindre un bouquet de tendres pousses de farigoulette.

Il voulut se remettre en route, mais il ne le put. Un vaste troupeau de moutons déferlait dans sa direction, semblable au mascaret girondin.

Avant d’avoir pu réagir, un ouragan le submergea. Enveloppé de tentacules blonds, Vampirisé par une profondeur bleutée. Assourdi par un cri de joie. Adèle s’était calé dans ses bras, rayonnante.

Le baiser qu’ils échangèrent fit plus que toutes les promesses qu’ils auraient pu se faire.