On passait ensuite devant l’église et sa cour, quelques commerces. L’école se situait presque en face du commissariat de police. Il existait deux école primaire : l’Ecole du centre et l’Ecole du Plateau.

Deux ans ?
Jean-Marie n’était plus sûr que cela pu faire deux ans à Bains Romain.
Il se souvenait être assis dans la partie gauche de la classe. Plus tard, l’année suivante ? Il était dans la rangée de droite. L’instituteur avait l’habitude à la reprise de la classe, de leur faire réciter ? chanter, brailler… une table de multiplication. Sa grande terreur était les tables de 7, 8 et 9 qu’il ne connaissait pas. D’ailleurs, une fois, il avait failli se faire prendre par le directeur alors qu’il faisait semblant de la « réciter ». Il se souvint encore d’avoir été dans la classe du directeur.

Jean-Marie commença normalement sa scolarité dans l’Ecole du Centre. C’était un bâtiment à étage avec beaucoup de classes, une grande cour et les classiques latrines perchées contre le mur du fond. L’école surplombait la rue. L’entrée se faisait par un grand escalier débouchant sous le préau. L’heure de la sortie trouvait les élèves rangés par classe, entassés dans cet escalier ; les enseignants exigeant le silence avant de lâcher la masse grouillante et hurlante dans la rue.
Après une bousculade dans les rangs qui valut à un élève de recevoir dans la figure le poing de Jean-Marie, le directeur sollicita de Paul le retrait du pugiliste. C’est ainsi, qu’en pleine année scolaire, Jean-Marie poursuivit sa scolarité à l’Ecole du plateau. Elle était plus petite, plus humaine. Ses parents trouvant que son travail en français laissait à désirer, Jean-Marie eu droit à des cours particuliers donnés par une amie enseignante de son état. Comme son appartement possédait une véritable salle de bain avec baignoire, il fut convenu qu’après chaque leçon Jean-Marie prendrait un bain !
Les leçons ne durèrent pas longtemps, l’enseignante déclarant que son élève connaissait sur le bout des doigts toutes les règles de grammaire, mais que pour une raison qu’elle ne pouvait expliquer, il se refusait à les mettre en application.

Dans l’ensemble la vie se déroulait agréablement. Jean-Marie avait quand même eu beaucoup de mal à faire admettre à son père qu’il ne voulait pas faire de foot. Entre l’école, le catéchisme et les copains il avait fort à faire. Patin à roulettes et trottinette se pratiquant sans danger dans la rue Carnot.
Il y avait deux endroits qu’il affectionnait particulièrement.
Un peu après l’école du Centre se trouvait l’échoppe du marchand de pâtisserie orientale. Là dans un grand chaudron il faisait doré des « zalabia » croustillants et dégoulinant de miel.
De l’autre coté, après l’école du Plateau, au lieu dit des Deux Moulins, se trouvait le cinéma. Une grande salle avec deux rangées de sièges séparées par une large allée centrale.
C’était l’occasion de prendre le tramway.

L’été c’était plage. Il leur suffisait de descendre la rue. Traverser la route de la corniche. La plage serpentant entre les rochers, chacun recherchait le coin idéal pour y laissait tomber sa serviette, avant de se jeter à l’eau.

Un jour, Paul leur annonça une grande nouvelle : il venait d’acheter une voiture.