Toute la famille fit le tour de la voiture. Elle était grande avec seulement deux portes. Paul avait expliqué à Marie que se serait plus sûr pour les enfants.
Un grand capot moteur, une capote noire, et oui c’était une décapotable, un coffre à l’arrière, bien sur, mais en plus, relevé contre le coffre, une sorte de porte bagage, fixé au niveau du pare choc arrière. Très vite il monta son utilité.
Le dimanche suivant, Paul le rabaissa, posa une grande caisse dessus. La fixa solidement. Et commença à la charger. Une table pliante en bois qu’il venait de fabriquer. Quatre siéges pliants. Marie apporta un grand sac rempli de provision. On allait faire un pique-nique dans la forêt.
La place de chacun dans la voiture fut fixée par Paul.
C’est lui qui conduisait. Normal, il avait terminé la guerre en tant que conducteur de jeep, et Marie n’avait pas le permis de conduire. Marie assise à côté de lui.
Puis, pour « équilibrer » la voiture, Roseline derrière son père, et, bien sur Jean-Marie derrière sa mère.
Cette organisation ne fut jamais remise en cause et gare à celui qui ne se mettait pas à « sa place », l’autre s’empressant de le rappeler à l’ordre avec force cris et agitation.

Et c’est ainsi que chaque dimanche libre de Paul, à l’époque la police faisait les 3x8, ils allaient passer une journée en plein air Ils n’étaient pas les seuls à avoir cette démarche. La forêt résonnait des éclats de voix de tous ces gens oubliant leurs soucis quotidiens dans la nature.
Parfois des amis les accompagnaient. L’après midi se passant en jeux de cartes, sieste et cavalcades des enfants.
Paul avait acheté aussi un poste de radio à transistor. C’était un immense progrès. Il suffisait que quelques grosses piles pour le faire fonctionner. Plus besoin de prise électrique.
C’était d’ailleurs la radio qui donnait le signe du départ. Ils pliaient bagages juste après l’écoute du feuilleton dominical : "L’homme à la voiture rouge ".