Ils s’y rendaient en bateau bien sûr. En classe « sur le pont » Chacun se débrouillant pour trouver un coin pour dormir et casser la croûte. La traversée, agréable par beau temps, se transforma une année en véritable calvaire. Le départ d’Alger la Blanche ce fit sous un soleil radieux. Mais après quelques heures la mer se déchaînât. L’équipage força les voyageurs à s’entasser dans un local puant hermétiquement fermé. Empiler les uns contre les autres, ballotté dans tous les sens, le mal de mer accomplissant son œuvre, ce n’était que râle vomissement et braillement des mômes corrigés à grands coups de calottes pour les faire se taire et tenir tranquille.
Même Paul ne fut pas épargné. Pourtant il en avait fait des traversées agitées.
Jean-Marie, lui se remplissait l’estomac de nourriture qu’il rejetait presque immédiatement.
L’arrivée à Marseille fut un grand soulagement pour tous.

Les vacances en France furent mises à profit pour rendre visite à la famille. Comme il avaient leur voiture, une 4 ch Renault dont il fallait remplir le radiateur régulièrement, les déplacements en furent grandement facilités.
Pensez, dans un premier temps la famille varoise, nombreuse, Marie avait 9 sœurs qui avaient généré un bon nombre de cousins et cousines.
Puis l’Isère, patrie d’origine de Paul et résidence de ses parents. Et encore des cousins en Côte d’or, viticulteurs à Nuit Saint Georges. La tournée des caves fut des plus intéressantes.

Pour d’autres grandes vacances, Jean-Marie eut droit à un traitement de faveur dont il se serait bien passé. Un séjour en colonie de vacances dans les Pyrénées. Pourtant tout avait bien commencé. La traversée s’était bien déroulée, il y avait parmi les colons Danielle une petite voisine de son age qui habitait dans la même rue que lui. Le débarquement se fit à Barcelone et le reste du voyage en car. Le lieux de séjour, une ancienne ferme réaménagée, passait pour agréable, mais, on ne sait pourquoi, Jean-Marie pris violemment en grippe le séjour et ne fit que se plaindre, écrivant à ses parents des lettres réclamant son retour.

A la rentrée scolaire, Jean-Marie ayant correctement réussi son examen de passage en 6°, le passage n’était pas automatique à cette époque, il fit sa rentré au Cour Complémentaire de la Pointe Pescade. Muni de son cartable d’un abonnement tout neuf de transport en commun, tramway et bus. Il parti seul à l’aventure, ses parents ayant décidé qu’il était assez grand pour se débrouiller tout seul. Heureusement pour lui que sur place il retrouva un ancien camarade de classe. Il attendait devant la mauvaise porte.