Jeudi 2
Ils viennent me chercher.
Préparation, anesthésie.
Comme d'habitude, il fait trés froid dans la salle d'opération.
Je suis sur un matelas remplis d'eau chaude, recouvert de draps et de couvertures sorties d'un four.
Je ne sens rien en dessous du nombril.
La sérénité règne. Je me laisse gagner par la somnolence.

Vendredi 3
Le repas du soir est terminé. Je suis toujours couché, après un premier levé ce matin. La suite demain.
Doucement la radio égrenne ses programmes.
Le reportage concerne le retour en Algérie, Bougie, d'une jeune femme qui l'avait quitté à l'age de 1 an.
Aucun souvenir, pas de vécu.
Ses parents et sa soeur y sont déjà retourné. Elle n'avait pas voulu.
Pas prête.
Finalement elle décide d'aller voir.
Rien que le son.
L'ambiance... l'émotion et les larmes aux yeux... palpable...la voie qui hésite, l'acceuil chaleureux des anciens voisins, des nouveaux locataires, les portes ouvertes, la joie, le bonheur, la nostalgie.

Samedi 4
Levé le plus tôt possible.
Repas prit assis dans un fauteuil.
Des pas hésitants et chancelants dans la chambre, accroché aux béquilles.
La douleur lancinante.
Je m'allonge un peu pour du repos.
France Inter toujours présent. J'entend parler de plantes, d'arbres, de verdure.
Un auditeur parle de champignons qui lui font des croche-pieds tellement ils sont nombreux.
Je somnole dans le bruissement de la verdure, la saveur des sous bois...

La sonnerie du téléphone me sort de cette torpeur.