Au départ nous étions trois. Complémentaire comme l’œil et la main. Interchangeable selon nos envies et nos besoins. Les journées passaient sereines, ponctuées de nos rires et des plaisanteries, parfois coquine, d’Elodie.
C’est Karol qui craqua le premier. L’espace réduit, la promiscuité le manque d’intimité le perturbait. Nous avons bien essayé de lui faire plus de place. Même avec trois compartiment, notre univers de vie était si limité !
Il nous disait qu’il ne pourrait tenir les trois ans qu’il nous restait encore à passer ensemble.
Nous réussîmes à lui recréer un petit chez lui dans le compartiment avant.
Il s’y installa, heureux comme un enfant.
Il avait retrouvé sa joie de vivre.
Les mois qui suivirent nous parurent enchanteurs, plein de vie.



L’accalmie ne dura pas. Petit à petit, Karol mis plus de temps à sortir de sa retraite. Il fallait l’appeler souvent et insister pour qu’il accepte de venir diner avec nous.
Puis il pris l’habitude de venir chercher son repas et l’emmener dans son recoin.
Puis de ne réapparaitre qu’un jours sur deux ou trois.

C’est moi qui l’ai retrouvé gisant au milieux de sa nourriture, non consommé, amoncelée dans son réduit.
Il s’était laissé mourir de faim.

Il nous fallut de très longs jours pour nous remettre. Si ce n’est la puanteur dégagée par son corps, nous aurions sans doute partagé son sort.

Il nous fallut de longues et épuisantes heures pour tout jeter dehors. Secoué par de violentes crises de nausées qui nous laissait hagard et vide. Elodie n’y résista pas, avant que je pusse esquisser le moindre geste elle se jeta dehors, rejoignant le cortège de matières qui nous suivait.

Je ne sais pourquoi ni comment je survécus. Lentement, heure après heure, les jours s’enchaînant longs et monotones.
Je m’installais dans un monde imaginaire.

Machinalement j’accomplissais les gestes qui maintinrent mon fragile vaisseau en état.

Le demi-tour s’effectua comme prévu, là ou il devait être fait. Le retour dura aussi longtemps.

Depuis quelques heures, je reçois les ondes radio de la Terre.

Je suis le dernier survivant du voyage aller et retour vers Mars.

  • Ma participation au Sablier du blogueur
  • Petit jeu inventé par Kozlika et géré cette fois ci par sa jumelle cybernétique Samantdi.