A peine la voiture garé, j’ai le regard attiré par une structure circulaire.

Très vite une idée s’installe : une glacière ! Appareil photo sorti, j’en fais le tour. Ce pourrait bien être ça.

Le sentier emprunte un vieux chemin aux ornières taillées dans la pierre.

Une voie romaine semble exister dans le coin, en serait ce un morceau ?

Malheureusement le sentier rejoint une vague route bétonnée recouvrant l’antique desserte rurale. Finalement, les bétonneurs certainement lassés de leur épreuve, nous laissent un chemin de terre qui gravit avec force la pente.
Le soleil cogne de concert avec un vent glacial.
Arrivé sur le plateau, le mistral donne toute sa vigueur. Il a certainement neigé dans le « Nord », en tout cas il y fait froid, et ces régions, jalouses, nous ont chargé notre vent divin de toutes la froidure qu’ils purent trouver.

Je surplombe un vaste paysage.

Au Nord, la chaîne de la Saint Baume surplombant la plaine de Cuges les Pins.

A l’Est, les Barres de Font Blanche, les Barres de Castillon, et plus loin, la Roche Redonne.
A l’Ouest, bouchant l’horizon, le Mont Carpianne.
Le Sud m’est caché par les reliefs et la forêt, autrement je verrai La Ciotat nichée au creux de sa baie.
Continuant sur le chemin repéré en jaune, j’aperçois enfin le but de ma promenade. Me tournant le dos, solitaire sur son promontoire, peureusement à l’écart de son à-pic, la chapelle Saint André.

Elle se mérite. Ayant sans doute décidé que ses visiteurs devraient faire pénitence, le chemin descend hardiment pour remonter gaillardement.
Enfin, elle se laisse admirer.

Mais je reste perplexe. Que reste-t-il vraiment de la chapelle d’origine ?
Celle-ci fait trop neuve. Trop bien construite. Pas une pierre, pas une tuiles ne dépassent. Pas la plus petite graminée n’a germé dans ses interstices.

Lisse, très blanche, sans aucun défaut, elle semble artificielle, immense Lego monté par de besogneux tâcherons ultra modernes.

Ayant pris un peu de repos, je quittais sans regret cet artéfact, mais entre temps j’avais vu quelque chose qui m’intriguait au plus haut point. Près de l’embranchement menant à la chapelle, une langue pierreuse s’avançait en falaise, surplombant la plaine, ne laissant qu’un seul accès facilement défendable. L’emplacement rêvé pour un oppidum.

Arrivé sur place, mon impression première se confirmât. Je trouvais ce qui pourrait bien être un mur d’enceinte écroulé. Normal, les Romains passèrent par là.
Pour avoir une bonne vue d’ensemble, je remontais un petit chemin qui aurait pu être pris par des envahisseurs.

Alors, sous mes yeux ébahis, je vis, émergeant par-ci par-là des broussailles, les restes du mur d’enceinte.

Mais l’après-midi bien avancé, le vent et le froid m’invitent à rentrer. Me promettant de bientôt revenir regarder de plus près, je redescends vers ma voiture et rentre finalement plus fatigué que je n’aurai cru.