Ma main dans son dos, divisée en doigts légers, indépendants comme animés par une vie propre, glissait sur le velouté de sa peau. En rythme avec son antienne, son corps serpentait contre le mien. Caressant de tout son être, rallumant avec douceur le feu que je pensais apaisé. Soufflant sur des braises à peine refroidies, je sentais mon sang ré-envahir la moindre parcelle, la moindre cellule, le plus profond de mes neurones. Désirant-en savourer chaque goutte, doucement ma main descendit le long de son dos. Explorant chaque courbe, randonnant dans toutes les vallées. Ne laissant aucun recoin, même le plus caché, vierge de toute visite.
Nichée sous mon épaule, son souffle se fit plus court.
Avec douceur, lentement, avec mes caresses je la fis passer sur le dos. A tous petits bécots j’explorais son cou, ses seins, petites éminences soyeuses auréolés de pourpre. Son ventre de velours mérita le détour, l’escalade du mont Vénusien. La descente mena tout droit au puit frais et humide du Grand Mystère.
C’est avec délectation que j’y posais ma bouche, goûtant avec avidité à la source revigorante les mains bien ancrés à sa taille de sylphide.
Des murmures brumeux, lentement une mélopée émergea, long chant de joie ondulant au gré de son plaisir.
Dans un geste sauvage, Aurélie se plaça à plat ventre. La main gauche sur sa nuque, le bout des doigts avec tendresse dessinèrent leurs arpèges, la droite en contrepoint, par monts et vallées, retrouvait le trésor enfoui dans sa cache profonde et pleine d’ombre.
Les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes, les mains agrippant les draps, le corps tendu comme un arc, le chant monta d’un cran, emplissant l’espace d’une joie vibrante, Aurélie laissa exploser son énergie en vagues brûlantes et salutaires.
Le souffle court, les yeux voilés de satisfaction. Chantonnant toujours sa joie, sa main glissa vers moi.
Son regard brillait quand elle se retourna.
Avec un sourire carnassier, ses doigts descendant rapidement sur mon ventre, sa main me saisi fermement. La pression me fit fermer les yeux. Des ondes chaudes commencèrent leur va et vient au plus profond de mon moi. Serrant, relâchant, effleurant sur toute sa longueur, je me retrouvais le souffle court, le cerveau en ébullition.
Soudainement plus rien, puis un nid chaud et humide pris la relève. Picorant tout son saoûl, ses lèvres fermes enserraient et libéraient l’impatient ithyphalle. La langue tantôt en pointe, souvent caresse agitait la tempête intérieure qui menaçait de se déchaîner.
Ce fut à mon tour d’avoir le souffle court, l’esprit en déroute, uniquement intéressé par ce qui créait ce fougueux tourbillon qui menaçait de m’emporter et qu’Aurélie avec doigté empêchait de se déclencher. Calmant le flot, puis le relançant aussitôt après, alternant caresses et succions, chassant mes mains impatientes et utilisant habilement les siennes.
Un feu d’artifice de couleurs chatoyantes noya toute révolte, toute retenue. Le corps tendu, sans défense possible, je me laissai emporter par la tempête. En long soubresaut, je libérai la sève vitale qu’Aurélie aspira goulûment.

Je la sentis à peine quand, légère comme la brume du matin, elle revint se blottir au creux de mon bras.

L’aube filtrait, souveraine d’ocre, au travers les rideaux entrouverts.

La nuit était finie, le sommeil nous emporta loin des fureurs du monde.

Seule restait la coulée douce de notre plaisir.