J’ai l’impression de sortir d’un trou noir. De renaitre à la vie après une longue éclipse. Le miroir me renvoie le vairon discordant du déplaisant tour que m’a joué la nature en me dotant d’un œil bleu et l’autre rouge. J’en pince les lèvres du dépit qui me submerge encore une fois.

Le cerveau englué j’essaye de rassembler mes habits. Un brusque vertige m’assied soudainement sur un lit inconnu. Je réalise que je ne suis pas seul. Un être bizarre se pelote sous les draps. Seul un nid de méduse repose sur l’oreiller. Hagard, je n’ose y poser la main.

La chose bouge. D’abord insignifiant, le mouvement s’amplifie. De la masse compact s’échappe comme une tentacule qui s’allonge. Une deuxième suit, légèrement écarté de l’autre. C’est au tour d’une troisième, opposé aux deux premières. Une gibbosité d’où jaillissent cinq petites excroissances se glisse hors du drap, puis une seconde.

Plus rien ne bouge.
Je reste coi.

La masse roule mollement sur le coté dans un bruit sourd, presque inaudible.
Le drap glisse comme repoussé.
Du nid de méduse s’élève quelque chose de rond, orné au sommet de deux billes vertes.
Une fente s’ouvre plus bas, se déforme, s’arrondi et s’étire.
Un borborygme l’accompagne montant et descendant comme une mélodie.
S’ancre dans mes oreilles
Envahi mes synapses.
Obligeant le décodeur à travailler.

Les sons s’ordonnent.
Les mots se forment
Les yeux suivent
Décryptent la vision

« Woufff, le pied d’enfer !
Super cette came.
Vient, qu’on s’en sniffe encore une bonne ligne »