Il se livra à une introspection pointilleuse et approfondi.
Un bel appartement bien placé et lumineux. Un revenu confortable lui permettant d’assouvir toutes ses envies, caprices comprit. Une santé de fer, une fine musculature entretenue par deux heures de salle quotidienne suivi d’un petit jogging de plaisir.
Une nourriture saine. Il cuisinait lui même trouvant qu’il s’en sortait mieux que les soi-disant grand chef.

Rien ne venait troubler ou perturber le bon ordonnancement de sa vie.


A moins que…

Cet sainte nitouche de Cléane.

Superbe. Elancée et souple, majestueuse de charme.
Le regard de ce bleu limpide des lacs de montagne au soleil levant.
Intelligente, cultivée, elle l’avait subjugué par sa conversation, mêlant Cioran et Bourdieu sans que cela paraisse incongru. Il en était resté sans voix. Le sourire qu’elle lui adressa le remua jusqu’au tréfonds de ses tripes.

C’est donc le cœur en fête qu’il l’aborda, sûr de lui et de son charme ravageur. Il remarqua bien l’étincelle qui s'alluma dans son regard suivi d’un imperceptible froncement de sourcils. Il le mit au compte de l’effet qu’il lui faisait.
Mal lui en pris.
A peine eut il commencé son discours bien rodé qu’elle redressa la tête, et son regard planté dans le sien, lui demanda ce qu'il en été de son tableau de chasse et s’il comptait la sauter pour l’étoffer.
Abasourdi, bégayant bêtement il jura ses grands dieux qu’elle se trompait. Qu’il était sous son charme, que jusqu'à présent il n’avait pas eu de chance avec les femmes. Celles qu’il avait rencontré était toutes en recherche de plaisir et de liberté, mais que ce n’était pas ce qu’il désirait.

Son regard se fit plus froid, plus dur, méprisant.

« Pauvre c.. » fut son seul commentaire avant de tourner les talons et de rejoindre son groupe d’amis qui se gaussait ouvertement du râteau impérial qu’il venait de se ramasser.