Blogue de Zub

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Petite sauterie

C’était le soir béni où l’air était tiède et sentait la montée de sève. Le soir attendu où la fenêtre était enfin ouverte et où je brûlais d’envie d’être en manches courtes.

J’avais beau rêver à qui mieux mieux, ça ne changerait rien, il faisait froid, glacial même, la fenêtre était condamnée, clouée, vissée pour que personne ne puisse l’ouvrir. Le ciel est d’un noir dense, plus de lumière. L’air ne sent pas la sylve, mais la charogne, le brulé, brassant la poussière nauséabonde et les miasmes mortels.
L’eau commençait à manquer, la nourriture avait disparu, avalée par des bouches goulues, ou de moins ce qu’il en restait.
Les voix se sont tues une à une dans des râles de douleur.
C’est vrai que pour les survivants c’est l’enfer.

Ils ont fini par la faire péter leur saloperie de bombe.

Il ne restait encore moins de grain7, mais à l'extérieur, Givré fut le Sablier de Kozlika

Cauchemar

Ce matin, derrière la petite porte du n°5, des trucs pas très ragoûtants… Un œil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts.

Je me réveillais en sueur, haletant. Toujours le même cauchemar. Cela avait commencé deux jours après avoir quitté la planète Zxhyw$waek. Je me dirigeais vers le système solaire Kakkukkak, où, semblait il, il y avait une vie intelligente. Je venais à peine de sombrer en hypersommeil que les apparitions apparurent, me sortant d’un sommeil que seul l’ordinateur de bord était en capacité d’interrompre. Avaient ils envahi le système?

Un long hululement s’incrusta dans mes oreilles, je me senti comme tiré d’un grand fond. Je reconnu les symptômes du réveil de l’hypersommeil. Le cerveau encore brumeux j'entendis la voix douce de l’ordi qui me signalait que nous étions à proximité de la planète Kukkakx#°xyw'k, et me donner ses instructions pour récupérer rapidement. Les yeux encore fermé, je m’assis, respirais profondément plusieurs fois comme conseillé, et soulevais lentement mes paupières.

Un œil orange et gélatineux et un alien bleu à cheveux verts me fixaient.

Il n'y a pas que le Sablier qui est Givré et a un Grain n°6 dans ce jeu diaboliquement mis en scène par Kozlika

Vocabulaire

Puisqu’un (ou une) internaute est arrivé(e) ici en tapant dans son moteur de recherche favori « comment se faire dévierger + image », je vais me permettre de donner quelques conseils à ce sujet, afin que les suivants qui viendraient par le même chemin ne soient pas déçus.

D’abord employez des mots juste, si ce qui vous intéresse est un manuel de dépucelage illustré et que vous voulez paraître instruit, dites ou écrivez « dévirginiser », ça fait quand même plus sérieux.

Moi ce qui m’intéressait et qui était le cœur de mon billet, c’est le massacre exécuté par le gouvernement brésilien avec la construction de la Transamazonienne.
Pour qualifier cette déforestation à la tronçonneuse j’ai inventé l’expression « dévierger » illustré par nombre de photos pour faire prendre conscience du problème.

Si maintenant, même les amateurs d’image porno se permettent aussi d’inventer des mots !!!

C'est mon grain n°4 pour le Sablier Givré de Kozlika, qui se mit au fourneau et emprunta à Pascal le début de Keywords

Blues sylvestre

Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allé faire un tour du côté de mes balades adolescentes.
Je cherchais longtemps, le temps ayant accompli son œuvre. Les arbustes devenues arbres, La broussaille transformée en tousque. Le plat paysage remplacé par une forêt drue engonçant le chemin.
Quelques repères existaient encore cependant. Le champ fraichement labouré, le vallon des fossiles qui avait perdu ses trois pins dont il ne restait que les souches vigoureusement envahi par de cohortes d’insectes.
Je n’étais pas loin de mon but. Je savais qu’en continuant le chemin j'arriverai à la carrière de meules, dont quelques exemplaires brisés en cour de taille restaient les seuls témoins.
Ce serai pour une autre fois.

Je fis demi tour et l’aperçu alors, dos rond au dessus de la cime des arbres.

Je m’élançais à travers la végétation luxuriante, récoltant force griffures et humidité.

Enfin il s’érigea devant moi : Roucas Traouca

L’éléphant de pierre.

C'est mon grain n°2 pour le Sablier Givré de Kozlika

Malgven a gentiment piquée chez moi l'amorce de ce grain.

Antienne

Et si, je me disais l’autre jour après avoir entendu une programmation musicale appropriée, et si la femme des “yeux revolver” (Marc Lavoine) et la “femme libérée” (Cookie Dinger) était une seule et même personne.
Je me rends compte que m’accompagnent comme une antienne ces chansons idéalisant la Femme en contraste varié Avec “La P’tite Lady“ (Vivien Savage), “Femmes je vous aimes“ (Julien Clerc), et “Sarbacane“ (Francis Cabrel) qui poursuivent le rêve, et surtout le sublime “Rien à jeter“ (Georges Brassens), acceptation sans condition de cet être qui nous envoute, elles composent l’antiphonaire qui partout me suis, ensorcelant mes acouphènes, illuminant mes jours.

Tel est ma participation au Sablier Givré concocté par Kozlika

L'amorce Séduire comme une femme, proposée par Agaagla vient de chez Mavie

Cadeau

Je n’ai pas de mot. C’est rare. Mais c’est ainsi. Ma colère est au-delà des mots.
Et pourquoi je dirais quelque chose?
Tout le monde s’en fout.
Personne ne m’a demandé mon avis.
Dans cette maison, les décisions sont prises sans me consulter ni même me prévenir.

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Espace

Je n'ai plus l'habitude de travailler en entendant des sons humains autour de moi.
Ça fait tellement longtemps que je suis isolé et seul.
Accomplissant le travail pour lequel j’ai été formé, formaté, répétant et répétant à l’infini les protocoles d’expérience et de survie dans les espaces confinés. Recommençant le moindre geste raté.

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Couac

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir.

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Polar

''J'ai très longtemps habité près d'un pont SNCF, tout au nord de Paris.
Un pont très noir, qui tremblait au passage des trains de marchandises, un pont que j'aimais.
Comment pouvait-on aimer un tel amas de ferrailles, lui trouver un quelconque charme ? Sans aucun doute, je devais être le seul dans ce cas.''

Le polar commençait plutôt bien. C’est mon frère Julien qui me l’avait recommandé.
L’auteur, un américain inconnu de moi, déplaçait son détective à la Chandler dans le Paris des années cinquante.

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Curiosité féline

On m'a prêté aujourd'hui un petit gadget avec lequel j'ai pu faire mumuse durant un peu plus d'une heure. Bien que je n'aie évidemment pas eu le temps de le détailler sous absolument toutes ses coutures, je dois reconnaître avoir pris pas mal de plaisir à le manipuler.

Au bout d’un moment, je le posais sur la table pour mieux le regarder. Alors que j’étais en pleine contemplation, je vis une petite patte toute blanche avancer lentement vers l’objet, le toucher et se rétracter.

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