Mais non, il ne s’agit pas de ce que vous croyez. Mais bien de cet aspect de la nature qui ce manifeste au cours d’un orage. Ce coup de foudre malicieux qui nous tomba dessus fin janvier cheminant le long des câbles électriques. Bousculant au passage les coffrets de protections, enflammant les disjoncteurs, et terminant paresseusement sa course dans la station de mesure. Laissant des souvenirs au téléphone et aux divers circuits électroniques.

Le résultat est là :
la station de mesure est en panne.

Avec une grande inconnue, dans quel état sont les capteurs sous-marins ?

Assis à mon poste de travail, face à la rade, j’essaye de faire le vide et d’oublier le brouhaha ambiant.
C’est une belle journée sans vent. Quelques voiliers indolents sortent pour un petit tour en mer. Juste sous la station glissent sans bruit les skiffs du club d’aviron. Deux cormorans dans un ballet régulier plongent à la recherche de leur nourriture.

Mon esprit s’évade. De longs souvenirs reviennent. Ces journées passé à naviguer. C’est un peu à cause d’elle que j’avais acheté un voilier. Juste avant nous avions fait des stages aux Glénans, histoire de retrouver les bonnes habitudes et d’acquérir les bons réflexes.

Elle est définitivement plus là. Aucun espoir. Moi qui ai du mal à vivre seul !
Elle me manque. Le pire, c’est que je me rend compte que les femmes me manque.
Une femme.

La Femme.

Pour sa compagnie, sa douceur, ses bras autour de mon cou, sa taille embrassée, sa peau, velouté sous mes lèvres, son corps…

Qui es-tu ?
Toi qui dans ma nuit
Me tendra la main.
Absent de tout espoir,
Dans ma détresse, tu apparaîtras.

Un gabian passe en ricanant me tirant de ma torpeur. Derrière moi l’agitation est toujours aussi bruyante. Lentement je me lève, récupère en passant les clefs de l’armoire à documents, en sort le classeur contenant les plans de l’armoire électronique.
Il est temps de se mettre au travail…

Un mois et demi plus tard, orgueilleusement, nous passions en contrôle le premier bateau d’après coup de foudre.