Peu d’ouverture, pour résister au frimas glacial ventilé par un vent mauvais, esquichées comme des sardines au pied du mamelon seigneurial; même l’église se refermait sur elle-même, mouroir rapide pour les grenouilles de bénitier. Seul de vieux curés racornis et rassis résistaient, les jeunes tendrons frais émoulu de leurs séminaires jetaient l’étole avant Noël.
L’épiscopat désespéré envisageait un recrutement sibérien, y compris polonais.
Le village se vidait. L’exode rural n’expliquait pas tout, l’état avec acharnement besognait sa part, fermeture de l’école primaire, tant pis si les enfants dormaient moins et se gelaient sur les routes en attendant le bus branlant et aussi vieux que son Alphonse de chauffeur. La Poste fermée, c’était du manque à gagner pour les actionnaires avides et des promotions pour les crânes d’œuf qui géraient moderne à Paris.
Comme le climat était plutôt chaud en été, on vit arriver des cohortes de citadins aisés achetant à bas prix des lots de masures contiguës, rouspétant après ces autochtones qui continuaient à gérer leur terroir agricoles. Ils auraient aimé prendre la mairie pour moderniser le village : lampadaire « anciens » et pavage des rues. Stéréotyper les lieux en erzat moyenâgeux comme il était de mode un peu partout, mais, heureusement la loi le leur interdisait, protégeant les résidents permanents et cultivateur.

Pour combien de temps encore ?